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dimanche 22 août 2010

Master Chef, Première ...

« MaaaaaaaaaaasterCheeeeef !!!! » … TF1 nous l’annonçait depuis la coupe du monde (après, je ne sais pas, ne regardant que très peu cette chaine), ils allaient surfer sur la vague culinaire avec un programme en Prime, un jeu … encore un: après le Dîner Presque Parfait et ses moments cultes dans la médiocrité voire la nullité; après Top Chef et son panel de jeunes cuisiniers « casté » façon télé-réalité à qui l’on fait interpréter un « saucisse/purée »; TF1 reprend un concept international situé à mi-chemin, avec un concours de cuisiniers amateurs départagés par un Jury de « pros ». Bon, tel l’enfant de la télé mêlé au passionné que je suis, le premier épisode de Jeudi ne pouvait m’échapper. Seulement, problème au début: j’avais du me planter de chaine, me retrouvant devant la Nouvelle Star … Ha, mais non !! Ça ne venait pas d’une quelconque erreur de ma part, mais simplement d’un « Copier/Coller » dans le concept: un casting à travers toute la France, pour lequel les candidats proposent le plat de leur choix devant un Jury; celui-ci composé de 3 membres, selon exactement les mêmes critères que l’originale: une pointure dans le domaine (ici, Frédéric Anton, Chef 3 Étoiles au MichMuch), un pro/businessman (ici, Yves Candeborde, chef s’étant lancé dans la gastronomie de bistrot), et un journaliste spécialisé (Sébastien Demorand, critique gastro); avec des tacles et des envolées identiques; et une présentatrice customisée « capillairement » à la Virginie Guilhaume … Bref, un véritable facsimilé …

Après, ce n’était que la première émission … nous n’avons vu au maximum qu’une cinquantaine de plats sur 18.000 candidats, quelques commentaires (principalement sur les goûts et saveurs), et 2 épreuves imposées (épluchage d’oignons, et la réalisation d’une … quiche …). Mon point de vue ? Comme tout ce qui passe sur le petit écran, il faut prendre ce programme avec des pincettes, le regarder d’un œil avisé. Je reste persuadé que la sélection n’a pas été réalisée uniquement sur des critères objectifs de cuisine, mais aussi selon des archétypes recherchés, ceux-là même qui serviront d’hameçons à la production pour pêcher l’adepte de ce genre d’émissions. « Cerises Tatouées » (c’est son nom d’indien) qui visiblement a plus de gueule que de palais, ou encore « Dj Koktail » (c’est son nom de clubber) qui a longtemps hésité entre le cabaret de Patrick Sébastien et MasterChef, en sont un petit exemple. L’émission est montée dans ce sens aussi, pour nous faire réagir derrière la lucarne: la « sûre d’elle » et son risotto sec comme elle l’aime (mais loupé), le blaireau persuadé que les chef ont eu recours à un robot pour faire leur quiche (?!!), sans compter tous ceux confondant sucré/salé avec aigre/doux … Au niveau du contenu, j’ai franchement peur que Master Chef ne parte sur les traces de Top Chef et ses plats de ménagère. Techniques ou créatifs à éviter, ils ne doivent pas faire peur aux téléspectateurs avides de médiocrité, que l’excellence effraie.


Petites remarques supplémentaires … je suis surpris, sur ce que l’on a pu voir, du manque:
- de culture culinaire des candidats,
- d’originalité des candidats,
- de recours aux produits de terroirs
- de naturel de Sébastien Demorand que l’on pouvait légitimement prendre pour un comédien débutant se regardant et s’écoutant jouer … faux … Il va se rattraper.


Et puis, on ne peut s’empêcher de se poser la question: qu’aurais-je proposé ? Perso, je serais parti sur une Noix de Veau lentement cuite avec un Jus de cuisson à la Trappe d’Echourgnac et un Cannelloni en accompagnement … ça aurait pu le faire, non ?

samedi 21 août 2010

Oeuf à 65°C & Mousse Concombre/Malibu ...

Depuis maintenant quelques années, et les recherches d'Hervé This à propos de la cuisson, nous savons qu'en dessous de 67°C, l'œuf ne coagule pas totalement: il cuit, mais le blanc est à l'état presque crémeux encore légèrement "gluant" (tout juste coagulé), tandis que le jaune reste coulant, proche de l'œuf poché. Grâce à des sondes ou thermomètres ultra précis, les cuisiniers professionnels arrivent à ce résultat sans trop de difficultés. Pour nous autres amateurs, le truc est de connaître son four parfaitement, d'arriver à maintenir la température entre 64°C et 67°C, durant 2h (pour la méthode au four, bien entendu). Pour la durée de cuisson, j'ai pu l'obtenir au cours de la discussion avec le Chef Haberland de l'Oison, qui lui proposait un œuf à 64°C. Deuxième contrainte à ce plat: l'extrême fraîcheur et la qualité des œufs ... ce qui était mon cas ...

Sur ce, j'avais du temps à passer derrière les fourneaux pour la venue d'amis nous arrivant des Pyrénées Atlantiques, et prévenant qu'ils ramenaient le fromage ... pour lequel je misais sur une tomme de brebis. Apogée de la réception: un plat l'inclura, avec un Œuf à 65°C, Tomme de Brebis, Mousse Concombre au Malibu ... J'ai chipé l'idée du Malibu avec un fromage assez "piquant" aux Reynats: bon ici la tome n'était pas très prononcée, mais les doses de malibu non plus, donc tout s'harmonisait. Entre 2 et 3h passées devant le four à vérifier la température, mais le résultat était tout simplement excellent ...



Pour 4 pers. / Préparation: 40 min (et tout le long de la cuisson, selon le four) / Attente: 6h / Cuisson: 2 à 3h

Ce qu'il faut:

- 4 Œufs ultras frais,
- 40g de fines tranches de Lard,
- 2 CàS de Courgettes au Malibu,
- 40g de Tomme de Brebis,
- 1 Concombre épépiné, avec la peau (donc, non traité),
- 2 Bouchons de Malibu,
- 15 cl de Crème liquide,
- 20 cl de Jus de Cuisson (ici, veau),
- Sel et Poivre.

Ce qu'il faut faire:

1/ Mettre dans une casserole le concombre en dés avec le jus de cuisson et le malibu, cuire à découvert en laissant réduire légèrement (garder 15 cl de jus). Ajouter la crème, poursuivre la cuisson jusqu'au frémissement, couvrir et laisser infuser 6 h.
Au moment du service, remettre à chauffer amener à ébullition durant 5 min, mixer au plongeur, passer, rectifier l'assaisonnement, mixer à nouveau. Siphonner, gazer, et réserver au bain marie si nécessaire.

2/Casser un oeuf dans chaque verrine, et mettre au four à 65°C avec un récipient d'eau durant 2h.

3/Poêler les tranches de poitrine, les débarrasser et les couper en dés. Détailler de la même manière la tomme et dresser ...



Taste Report: à vérifier de nouveau, mais le mélange concombre/malibu nous amène sur les pistes de l'asperge verte, ce qui semble assez intéressant ...

jeudi 19 août 2010

Nuage de Tomate ...

Voila une bonne semaine maintenant, je vous proposais une interprétation de la "terrine en nuage de tomate" d'Adrìa, un peu "loupée" (pas assez fouettée) techniquement, mais un rendu final plus qu'intéressant. Profitant de la visite de membres de la famille, j'ai réitéré l'expérience, cette fois-ci dans les règles de l'art ... Résultat, un vrai Nuage de Tomate, accompagné d'un condiment au concombre. Pour ce dernier, deux possibilités: l'une au Campari, amère; l'autre à l'alcool d'agrumes, beaucoup plus douce ... perso, une préférence pour la seconde, la première devant être envisagée avec quelque chose rétablissant l'équilibre des goûts: peut-être un "sablé" sucré, genre "crackers". Le nuage de tomate est vraiment intéressant par sa texture bien entendu, mais surprend surtout par sa saveur: les convives ne s'attendaient pas à une telle présence de la tomate en bouche. D'ailleurs, Ferran Adrìa précise bien que ce genre de préparations doit déployer de fortes saveurs, puisque le nuage se compose aux 2/3 d'air. Ici, un filet de vinaigre balsamique liquoreux vient adoucir le plat, pris entre l'amertume du Campari et l'acidité de la Tomate.



Pour réaliser cette curiosité (je le poste à nouveau), il faut récupérer 30 cl d'eau de tomate (passée dans un linge, dont le résultat est quasi transparent). Mettre les 3/4 au froid, pour le conserver à 1°C, chauffer le reste pour le mélanger à 3.5 feuilles de gélatine de 2g précédemment ramollies. On laisse le tout refroidir, sans laisser prendre. Puis, le fouetter pour faire mousser, ajouter le reste d'eau de tomate froide, continuer de battre, en augmentant la vitesse, jusqu'à l'obtention d'une mousse similaire à celle des oeufs en neige. Verser dans des moules individuels, et prendre au froid.
Pour le condiment, il s'agit simplement d'un concombre non traité, épépiné et détaillé en petits cubes macérés puis cuits à l'alcool choisi, on mixe à une échalote ciselée confite au vin de noix, et hop ...


mardi 17 août 2010

Filets de Perche et Mousseline Pistache ...

Il est des opportunités dont on profite (des palombes, des pigeons, ou encore des joues de loup), et aujourd'hui en fait partie. Voila quelques jours, un collègue/pêcheur me propose, entre autre, une perche pêchée le dimanche précédent ... comme d'hab', pourquoi pas ? De mémoire, je ne connaissais pas ce poisson d'eau douce ... et puis coïncidence, le dernier Thuriès en propose une recette de Jean Sulpice. Alors partons sur un Filet de Perche, Émulsion Citron et Gingembre, Purée Haricots Verts/Pistaches ... Plusieurs modif' ont été apportées à l'originale, principalement la purée de haricots verts, mêlée à de la pâte de pistache: les légumes deviennent le support à la pistache. En effet, le chef réalise normalement une purée de pistaches, mais ne disposant de celles-ci à l'état brut, j'ai opté pour cette solution. Le rendu, tout comme le plat dans son ensemble d'ailleurs, sont intéressants. La perche donne vraiment un plus: une chair fine proche du rouget mais au goût moins prononcé, dont les filets sont sans arêtes.



Pour 2 pers. / Préparation: 30 min / Attente: 10 min / Cuisson: 20 min

Ce qu'il faut:

- 2 Filets de Perche,
- 200g de Haricots Verts cuits à l'anglaise,
- 2 CàC de Pâte de Pistaches,
- Huile d'olive,
- QS de Fumet pour détendre,
- Sel et Poivre,

... pour l'émulsion:
- 10 cl de Jus de Citron,
- 10 cl de Fumet de Poisson,
- 20 cl de Crème,
- 5g de Gingembre frais en petits dés.

Ce qu'il faut faire:

1/ Mixer les haricot verts avec la pistache et un peu de fumet pour détendre à bonne consistance, rectifier l'assaisonnement. Réserver au chaud.

2/ Mettre l'ensemble des ingrédients destiné à l'émulsion dans une casserole, amener à ébullition, couper le feu, couvrir et attendre 5 min. Mixer, passer et remettre sur le feu, sans ébullition.

3/ Saler et poivrer les filets de perche côté chair, poêler dans un beurre mousseux, côté peau.

Dresser ...




lundi 16 août 2010

Jeu autour de la Figue Sèche ...


"La Figue Sèche fait le tour du Monde" ... c'est ce qu'annonce Tiuscha du Blog Saveur Passion jusqu'au 15 Octobre. Il s'agit en fait d'un concours de recettes autour de la Figue Sèche sur fond de saveurs d'ailleurs. Le truc, c'est que le jeu est ouvert à toutes et tous, blogueurs ou non:
- le Blogueur poste une recette avec une mention sur son blog, et le fait savoir par commentaire avec un lien,
- le non-blogueur envoie sa recette accompagnée d'une ou plusieurs photos à Tiuscha qui les publiera lors d'un récapitulatif ...

En ce qui concerne le Jury, nous serons 5 pour le composé ... je dis "nous" parce que j'en suis ;o) ... alors il va falloir nous séduire, nous et nos 5 cuisines différentes: ça ne va pas être gagné ... MasterChef: tu peux trembler, ça s'annonce mal pour ta goule !!


Bon sinon, pour l'ouverture officielle du jeu, partons sur un plat aux douces connotations locales, avec ces Médaillons de Porc aux Saveurs de Noix, Figues amères et Rattes au Four ...



Enduire un filet mignon d'une réduction caramélisée de vinaigre de noix/vin de noix, saler et poivrer ... cuire lentement à 80°C la viande mise sous vide si possible. Pendant ce temps, réaliser un bouillon avec les parures et des aromatiques. Ensuite, le réduire avec le reste de réduction à la noix, et de la pâte de noix. Mixer avec de la Trappe d'échourgnac, passer, crémer légèrement amener tranquillement à consistance, sans bouillir si possible. Enfourner à 230°C des petites rattes avec un mélange de thym/romarin haché, un filet d'huile d'olive et de la fleur de sel, durant 30 min. En parallèle, mettre à cuire des figues sèches macérées plusieurs heures durant dans du Campari, avec celui-ci, laisser évaporer et mixer au cutter avec un échalote ciselée confite au vinaigre de noix. Dresser ...



Taste Report: un plat à ne pas mettre dans n'importe quel palais, le condiment à la figue risquant de décontenancer de par son amertume, goût auquel "nous" ne sommes plus tellement habitués. Pourtant, cette amertume est complètement maîtrisée par la douceur de la sauce et des pommes de terre.


dimanche 15 août 2010

Semoule de Chou Fleur et Mousseline de Courgette ...

Voila quelques jours, la très British Hélène de chez Becky & Liz revisitait une recette de JunTanaka (que je ne connais pas d’ailleurs …) avec notamment un condiment d’amandes, aigre doux, qui me fit penser instinctivement à un tajine … j’imaginais bien ce plat, réinterprété: mais l’idée projetée m’emmenait vers un travail fastidieux, et je ne disposais pas de tout les éléments. Du coup, je suis parti sur un « bébé tajine », avec cette Selle d’Agneau, Semoule de Chou Fleur, Mousseline de Courgettes saveurs Coco, Condiment Mirabelles/Amandes. En fait, au lieu de pain imbibé, j’utilise des mirabelles réduites en compote avec du fenugrec, mixées ensuite avec de la poudre d’amandes et du vinaigre. L’idée de la semoule est directement chipée à Ferran Adrìa qui traite ainsi le chou fleur et que j’avais déjà testée auparavant (mais ça, vous le verrez ultérieurement). L’aspect visuel en est vraiment proche tandis qu’une fois en bouche, le côté croquant étonne. La courgette est l’alibi pour incorporer la saveur coco, via du Malibu, plutôt que par la sauce, comme on peut le trouver traditionnellement. L’agneau est cuit au naturel, salé et poivré uniquement, en basse température pour conserver une cuisson rosée.




Pour 2 pers. / Préparation: 30 min / Attente: 30 min / Cuisson: 20 min (plusieurs heures pour la viande)

Ce qu’il faut:

- 1 Chou Fleur moyen,
- 300g de Selle d’Agneau,
- 150g de petites Courgettes non traitées avec la peau,
- 10 cl de Bouillon,
- 5 cl de Malibu,
- 10 Mirabelles dénoyautées,
- 50g de Poudre d’Amandes,
- 5 cl de Vinaigre de Vin,
- 1 CàC de Fenugrec,
- sel et Poivre.

Ce qu’il faut faire:

1/ Mettre les mirabelles avec le fenugrec à compoter avec le vinaigre de vin à couvert et à petits feux. Ajouter ensuite l’amande, saler et poivrer, poursuivre la cuisson. Mixer, réserver.

2/ Détailler les courgettes en petits cubes, les mettre à cuire avec le Malibu et le bouillon. Mixer, passer et réduire à consistance.

3/ A l’aide d’une râpe assez grosse, râper les bouquets du chou fleur (conserver le reste pour une autre préparation), le faire revenir doucement dans une poêle avec un filet d’huile d’olive. Conserver croquant.

4/ Assaisonner, mettre sous vide la viande et cuire à 65°C.

Dresser …



samedi 14 août 2010

Rougets et Béarnaise en Sabayon ...


Voila quelques semaines de cela, « on » m’a ramené un petit livret de recettes de Corse … cette fois-ci, ce petit bouquin sans prétention visait pas trop mal, en proposant en fait un recueil de plats assez simples et modernes de chefs insulaires, pour la plupart étoilée. Ici, il s’agit d’une recette s’inspirant fortement de Georges Billon de la Cala Rossa: des Petits filets de Rougets sur Grosses Pommes frites, Béarnaise en Sabayon … simple et moderne, vous dis-je. Notez tout de même que les « morceaux » dans le sabayon sur les photos sont en fait des zestes de citron et non la coagulation du sabayon.



Pour 2 pers./ Préparation: 20 min / Attente: 2h / Cuisson: 20 min

Ce qu’il faut:

- 8 petits Filets de Rougets,
- filet d’Huile d’Olive,
- QS mélange Romarin/Thym/Zestes de Citron hachés,
- Sel/Poivre,
- 8 grosses Pommes Frites,
- QS Huile de Friture.

… pour le Sabayon:
- 5g de Poivre en Mignonnette,
- 1 Échalote finement ciselée,
- 1 CàC d’Estragon haché,
- 10 cl de Vinaigre de Vin,
- 10 cl de Fond de Veau,
- 2 Jaunes d’œufs.

Ce qu’il faut faire:

1/ Mettre les filets de rouget avec l’huile d’olive, le mélange haché, du sel et du poivre à mariner durant 2h. Ensuite, les mettre à cuire dans un beurre mousseux doucement à l’unilatérale.

2/ Réduire à sec le vinaigre, l’estragon, la mignonnette et l’échalote. Mouiller avec le fond, mixer et chinoiser. Verser sur les jaunes au moment de servir et émulsionner au bain marie.

3/ Blanchir les pommes frites à l’huile à 180°C, puis terminer la cuisson au beurre dans une poêle.

Dresser …