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vendredi 2 juillet 2010

Qui est le meilleur Cuisinier ... du Monde ? ...

Cette semaine, en flânant sur la toile culino-bloguesque, je suis tombé sur le scan d’un article de Marianne, dont l’auteur est Périco Légasse, critique gastronomique, défenseur du « goût vrai » … A sa lecture, je ne puis rester de marbre aux diverses réflexions amenées. Ho, ne craignez rien, je ne compte pas me mesurer à une telle pointure de la critique gastro, mais tout de même, je ne suis pas des « bénis Oui-Oui », ni des manichéens, et ai donc le droit d’avoir un point de vue.

Cet article part des élections de « Meilleur Restaurant du Monde » … l’auteur dénonce la démarche sous deux angles: pourquoi et comment élire un chef comme le meilleur au monde ? Et puis, qui est derrière cette élection ? Pour être bref, c’est un gros coup de com’ marketing: l’élection porte le nom d’une célèbre eau minérale, qui appartient à un immense groupe agro-alimentaire suisse, qui recherche une certaine légitimité par l’intermédiaire de la haute gastronomie, voire plus si affinité. Je suis assez d’accord avec l’auteur quant à l’inutilité d’un tel classement, mais que voulez-vous, notre société moderne se base sur de sempiternels classements plus farfelus les uns que les autres, plus ou moins objectifs, plus ou moins pertinents. En matière de cuisine, ce qu’oublie de préciser Légasse, c’est que ce genre de démarche sous-entend une homogénéité des goûts à travers les peuples, des coutumes culinaires, en gros, une mondialisation du goût: ce qu’aimerait les groupes mondiaux agro-alimentaires. Nous faire aimer la même chose, aux mêmes heures de la journée et ce, quel que soit l’endroit où l’on se trouve en ce bas monde ...

Ce qui dérange ensuite l’auteur, ce sont les élus … des pontes de la cuisine dite « moléculaire » (Adria, puis maintenant Redzepi), au détriment de nos bons grands chefs franco-français. Cette cuisine détourne du goût vrai des aliments … ha ?! … parce qu’il y a un goût véritable ? Je vais reprendre l’argumentation d’Hervé This (partagée par Pierre Gagnaire et bien d’autres) … à la cueillette, les fruits et les légumes dégagent des enzymes qui commenceraient à modifier leur nature gustative originale. Ensuite, selon le terroir, le goût du produit diffère. Et pour finir, selon que l’on cuise ou non les aliments, leur goût changera à nouveau. là-dessus, quel est le goût réel d’un Concombre, d’une Tomate ou d’un Rôti de Bœuf de Limousine ? La cuisine « moléculaire » ne doit pas être exclusive, mais seulement une facette d’un plat ou d’un repas, à mon avis. Il faut avouer qu’elle a amenée nombre de curiosités intéressantes dans nos assiettes, chassant une certaine morosité qui commençait à s’installer durablement … parce qu’après avoir allégé les classiques, les avoir revisité, puis déstructuré, il fallait continuer à évoluer.

Le problème en fait, c’est qu’il n’y a pas de français dans les 10 premiers du classement … la faute à qui ? A Galouzeau de Villepin … ha bin si !!! D’après l’auteur, les anglo-saxons nous auraient évincé du podium en représailles à la non participation à la guerre en Irak ?!!! Il fallait la trouver celle-là … ce n’est parce que nous nous reposons sur nos lauriers, ni parce que nous ne cessons de nous regarder le nombril, pauvre Caliméro que nous sommes, non, c’est parce que le Monde ne nous aime pas !! C’est super prétentieux de croire que 60 millions de pelés intéressent, voire perturbent à ce point le reste de la population … c’est français, quoi … Non, parce que vous vous rendez compte, mais il faut aller aux 29è et 41è places pour rencontrer des chefs tricolores: Robuchon, qui a volontairement laissé tomber la haute voltige (peut-être aussi pas lassitude non avouée, ce qui peut se comprendre au bout de plusieurs décennies de recherches); et Ducasse, qui ne sait sûrement plus à quoi ressemble un piano depuis maintenant un bon bout de temps. Reconnaissons-le: depuis quand les français n'ont pas été innovants, créatifs ? Certes, les grands de ce monde viennent se former chez nous, mais est-il interdit aux disciples de dépasser leur maître à un moment ou à un autre ? N’est-ce pas là le but premier de la formation: espérer perpétuer, voire permettre de dépasser les connaissances acquises à un instant T ? Que diraient Platon et Aristote: que la philosophie moderne n’aurait pas le droit d’exister ? Comme je dis dans le commentaire du billet, Marc Veyrat fut reconnu en son temps comme le meilleur, aux autres de se dépasser … et ne soyons pas mauvais perdants ...


Bref, demain, c’est la diffusion de l’émission Madame est Servie, sur France Bleue Périgord, avec ma goule en guest ;o), entre 11h et Midi … et 3 recettes, que je commencerai à poster dès la fin de l'émission … on peut l’écouter via leur site, ou la Podcaster … je la mettrais en téléchargement, si j’y arrive: là, ce qui n’est pas gagné ;o) !!

jeudi 3 juin 2010

Humeur et Salade de Légumes ...

Hier soir, en parcourant le site de 750g, je suis tombé sur le commentaire de Jack91 concernant mon cabillaud, disant simplement (copier/coller): "J'ai trouvé ce plat trop fade le kiwi ne m'a pas plus du tout". Et là, je dis: "Ha ?!!" ... Qu'entends-tu par "fade" Jack ? Sans goût, sans saveur ? C'est ce que signifie ce mot, non ? Reprenons le plat:

- un dos de cabillaud cuit basse température, juste assaisonné de fleur de sel et de poivre, dont les quantité sont mentionnées en QS (Quantité Suffisante) ...
- des soufflés de poires rôties au balsamique, réalisés à partir de 2 fruits pour 2 blancs montés ...
- une sauce à base de kiwis marinés au gros sel et au vinaigre de riz, liée au wasabi ...
- des légumes simplement cuits et assaisonnés, tout indiqués en QS ...

Bref ... si je mets en parallèle ces 4 dernières remarques avec ton commentaire, deux choses me viennent spontanément à l'esprit: tu es nul et de mauvaise foi. Comment une sauce aux proportions cohérentes composées de Wasabi peut s'avérer fade ? Comment un assaisonnement mentionné en QS peut se voir taxé de fade ?

On se croirait dans "Un Dîner Presque Parfait", avec ses commentaires toujours éclairés et objectifs. Rien de constructif, tout dans la critique gratuite et souvent sans fondement intellectuel et/ou culturel. Bref, passons à la recette du jour, dernière recette proposée à 750g, pour le concours cette fois-ci dédié aux Salades ... Ici, c'est une Salade tiède de Légumes du Printemps, Ecume d'Eau de Tomate en Vinaigrette ... pouvant être servie en entrée ou en accompagnement. Le principe est de proposer des légumes nouveaux, petits (pas des minis, qui sont des variétés spéciales, sans grand intérêt) avec une écume réalisée à partir de l'eau des tomates transformée en vinaigrette. On accompagne avec une petite duxelle de tomate servie dans le fond de glaçage des légumes.




Pour 2 pers. / Préparation: 30 min / Cuisson: 40 min

Ce qu’il faut:

- 100g de petites Courgettes non traitées,
- 200g de Fèves,
- 6 Asperges Vertes fines,
- 1 Navet fane,
- 4 petites Carottes fanes,
- QS de Fond de Veau,
- 1 CàC de Sarriette,
- 2 Tomates,
- QS de Lait,
- 2 cl de Vinaigre Balsamique,
- Sel et Poivre.

Ce qu’il faut faire:

1/ Gratter le navet et les carottes, mouiller quasiment à hauteur de fond et glacer. Au terme, laisser tiédir avant de débarrasser.

2/ Cuire les pointes d’asperges à l’anglaise, tout comme les fèves (mais séparément), en les refroidissant à l‘eau glacée, détailler les queues d’asperges en fines lamelles.

3/ Couper les tomates en deux, les vider et récupérer leur eau à la passoire, détailler la chair en duxelle que l’on plongera dans le restant de fond de glaçage.

4/ Mettre l’eau de tomate avec l’équivalent de lait et le balsamique à bouillir, émulsionner au moment du service.

5/ Dans une poêle avec un filet d’huile d’olive, mettre les lamelles d’asperges, les cuire quelques minutes en veillant à les conserver légèrement croquantes, ajouter les courgettes lavées et débitées en bâtonnets, remuer, ajouter ensuite les fèves épluchées et les pointes d’asperges, saler, poivrer, bien remuer.

Dresser …



lundi 15 mars 2010

le Temps ...

Avant de poursuivre sur le chemin de la cuisine, je souhaitais faire une parenthèse concernant le Temps ... pas de la météo, mais du Temps, vous savez celui-là même qui appartient à Dieu pour certains. C'est vrai, lorsque l'on discute à droite, à gauche, on entend souvent "c'est bête, mais je n'ai pas le temps ..." Ha ?!! Pas le temps de faire de bons p'tits plat pour sa famille, pas le temps d'aller acheter de bon produits au marché, pas le temps de se documenter (regardez les forums, quel que soit le sujet), pas le temps d'aller chercher l'attestation scolaire permettant à ses gosses de participer à des activités scolaires ou extra-scolaires, pas le temps d'aller voter ... et je pourrais y passer la journée: mais j'ai autre chose à foutre hein ;o).

Pourtant, lorsque je passe devant les centres commerciaux le samedi après-midi, les parkings sont pleins de veaux allant perdre une demi-journée à balancer leur fric par les caddys. Lorsque l'on regarde l'audimat du grand-prix de F1 ou de la mythique et intellectuelle série "Plus belle la Vie", les gens ont du temps. Lorsqu'il y a casting pour une émission TV, les files d'attente peuvent atteindre plusieurs heures. Lorsqu'on regarde les succès de sites à ragots où le volume des ventes de torchons people, les gens ont du temps à y consacrer ... je continue ? Bah, pas la peine.

Alors, une chose par pitié ... les concerné(e)s, assumez votre mode de vie futile et votre suffisance, mais cessez cette formule toute faite "je n'ai pas le temps" ...

mardi 9 février 2010

French Paradox 2 ... Entremets & Macarons en Régression ...

Les radios en parlaient depuis Vendredi, le Grand Journal les a invité hier soir: une expérience de fous fut menée ce week-end … 5 journalistes se sont exilés dans une ferme en plein Périgord, ne s’informant que par l’intermédiaire des réseaux sociaux tant en vogue actuellement. Alors, je tiens à préciser, contrairement au sous-entendu énorme véhiculé par l’énoncé de l’expérience: certes, la Dordogne est paisible et vous pouvez croiser un sanglier ou un chevreuil à chaque coin de route, mais ce n’est tout de même pas la France du XIXè !!! On a des voitures, on connait le four à micro ondes, certains ont même des Iphones !!! Donc, les gars viennent chez nous, territoire de Culture et de Gastronomie, pour s’enfermer dans une ferme, avec leur ordinateur et surfer sur la toile … paradoxal non ?!! Perso, je serais allé ailleurs: quitte à s’emmerder, autant que ça vaille réellement le coup de ne pas mettre le nez dehors. Français le paradoxe ? Ha mais pas uniquement: ils ont invité un copain belge et un copain suisse afin de partager ce superbe moment de solitude … Vous voyez, contrairement à ce que pourrait laisser penser l’actualité, les français ne se referment pas sur eux-mêmes: nous partageons notre manière paradoxale d’appréhender la vie

Alors, j’ai mené la même expérience, sans carte de journaliste (je ne sais pas si j’avais le droit), chez moi … à errer sur la blogosphère culinaire … voilà ce qu’il en est ressorti: une totale régression, très « girly », autour de mousses et de macarons !!!! Non, en fait, je suis tombé sur des Sirops Monin initialement destinés aux cocktails (mais celui à la Banane est indigeste à boire tandis que le BubbleGum est très difficile à … caser). Les Mousses Rhum/Banane viennent justement d’un cocktail existant et simplement adapté en dessert, alors que les Macarons BubbleGum me semblaient être la seule utilisation possible. Rassurez-vous, ce sera sûrement l’une des rares parenthèses « régressives » de ce Blog …

Pour terminer ce billet, je tenais à signaler l’ouverture d’une page « Le Pourquoi du Comment », dédiée à toutes les questions de création, techniques ou autres … que vous pourriez vous poser … Un commentaire de Tiuscha en est à l’origine: comme il n’est pas évident de communiquer via les commentaires, surtout au sujet de billets assez anciens; je préfère créer une page annexe, mise à jour régulièrement en fonction des interrogations émises ... par commentaires, disponibles maintenant !!! ;o)


Pour 4 petits Entremets (en verrines) / Préparation: 30 min / Attente: 4h / Cuisson: 10 min



Ce qu’il faut:
- 2x40g de Crème Liquide,
- 2x40g de Lait,
- 2x1 Jaunes d’œufs,
- 100g de Crème Fouettée,
- 10g +20g de Couverture Blanche,
- 2 feuilles de Gélatine,
- 4cl de Rhum,
- QS colorant vert.
- 3 cl de Sirop Banane Verte Monin.

Ce qu’il faut faire:

1/ Dans une petite casserole, mettre la moitié de la crème, du lait, un jaune d’œuf sur feu doux à épaissir légèrement, en ne cessant de remuer. A la fin, ajouter une feuille de gélatine préalablement ramollie, bien remuer une minute durant, verser sur 10g de couverture hachée et le sirop de banane avec quelques gouttes de colorant vert, mixer au plongeant. Laisser refroidir à température, avant d’incorporer la moitié de la crème fouettée. Verser dans les verrines, laisser prendre au congélateur.

2/ Pendant ce temps, faire de même: réaliser une crème avec le lait, la crème, le jaune d’œuf restant et le rhum. Ajouter la gélatine, verser sur la couverture hachée, mixer, refroidir. Incorporer le reste de crème fouettée, couler sur la crème précédente prise. Mettre au congélateur 30 min, avant de redescendre au frigo.

Bon, ici la base n’est pas un biscuit, mais un cercle de lait de coco/coco râpée/sucre épaissi et pris avec de l’agar … pas assez sucré à mon goût, trop fade en fait pour donner la recette exacte.

... un véritable succès table ... je partais pourtant avec un certain scepticisme ...



Pour une 10aine de Macarons de 5cm environ / Préparation: 45 min / Attente: 24h avec la ganache / Cuisson: 20 min (avec la ganache)



Ce qu’il faut:

… pour les Coques à Macarons:
- 2 x 1 blancs d’œufs sortis depuis au moins 48h,
- 10g de Sucre semoule,
- 75g Sucre Semoule + 20g d’eau,
- 75g d’Amandes en poudre + 75g Sucre Glace (tamisés ensemble),
- QS colorant Rouge.

… pour la Ganache Bubble-Gum:
- 15g de Crème Liquide,
- 40g de Couverture Blanche,
- 10g de Beurre,
- 1 CàS de Sirop Bubble Gum Monin,
- QS colorant rouge.

Ce qu’il faut faire:

1/ Préparer les coques … la blogosphère en regorge, perso c’est soit chez Mercotte, soit chez Kitchen Victim. Bon ici, mise à part l’incorporation de la meringue (un peu vive) et la cuisson (j’les ai oublié 2 min au four !!!), tout est parfait.



2/ la Ganache: mettre le chocolat à fondre au bain-marie. Parallèlement, faire bouillir la crème, que l’on versera sur le chocolat fondu. Incorporer le beurre en parcelle, le sirop et le colorant … laisser refroidir plusieurs heures avant d’en remplir les coques … laisser ensuite encore au moins 12h au froid.




Les coques un peu sèches au début, ce sont ensuite imprégnées de la ganache, rendant les macarons comme il faut … j’ai tout mangé … sauf 2 …



French Paradox ... Le Premier ...

mardi 26 janvier 2010

French Paradox ... où les Habitudes alimentaires des Français ...

C’est marrant … ce matin les médias clignotaient, synchros, d’une même information: les français considèrent qu’ils mangent mieux … tout en achetant plus de plats préparés et moins de fruits et légumes frais (?!!). On va de-suite relativiser la conclusion: étude menée auprès d’un panel de … 4714 personnes ayant accepté de répondre au questionnaire … Je disais « c’est marrant », parce qu’en regardant les caddys aux caisses de supermarchés, les parkings de restos ou les blogs culinaires, je préparais un billet sur le sujet … Ma vie serait-elle représentative de celle du français lambda ? Aurais-je des dons innés d’analyses sociologiques ? Bah peu importe, les faits sont là, et datent pour moi d’une cinquantaine d’années, lorsque la diabolisation des tâches ménagères commença: la Cuisine prenait du temps. Gentiment, l’industrie agro-alimentaire proposa ses services, de plus en plus complets, mais aussi de plus en plus suspects …

Résultats des courses: on en arrive à trouver des oignons émincés surgelés (là, on gagne au moins … au moins … 2 min ?) ou des patates épluchées pré-cuites (dégueulasses au passage) ... nous passerons sous silence les tarifs de ce genre de trouvailles. En plein mois de Janvier, certains étals proposent des groseilles, des courgettes ou encore des asperges vertes. C’est sympa, on peut se faire une ratatouille en plein hiver !!! Heu, en revanche, je n’irais pas regarder les étiquettes de ce qui coule dans les veines du système hors-sol permettant leur culture. D’ailleurs pour celles et ceux ne sachant que faire de leurs vacances et n’ayant les moyens de se rendre en Espagne, je conseille les serres à Marmande: 100m de long, de l’hydroponie à perte de vue. C’est beau la technologie … Sinon, par pure curiosité, regardez la composition d’un Jus de Tomate, si bon pour la santé et conseillé aux femmes enceintes: vous serez effarés par la teneur en sel et en sucre !! La boîte de lentille ou le Parmentier surgelé ne sont pas mieux, et il faut voir leur prix au kilo: c’est hallucinant !! Pour des trucs qui ne coûtent rien à faire à la maison …

Du coup, certains industriels ont vite cerné la connerie humaine … la populace ne sait plus cuisiner, elle a même perdu le goût des bonnes choses: « 3 ou 4 générations élevées à la mal-bouffe, ça forge le palais. Proposons-leur la même merde, mais là, on les servira, ils n’auront même plus besoin de déballer et de foutre au micro-onde … on le fera pour eux et on leur facturera ». Finalement, ils ont eu raison à y regarder les parkings de restaurants … et ce, malgré les scandales sanitaires des années 90 que certains trainent. D’ailleurs, pour les encourager, on a refilé aux meilleurs d’entre eux la TVA à 5.5%: bah oui, la restauration rapide devenait un « bien de première nécessité »... Huumm le Burger tout gras …. Huumm le Kebab périmé … Huum le nem confectionné dans un « appartement raviolis ». Certes, aujourd’hui tout le monde a son taux à 5.5, mais rien n’a changé; il faudrait envisager à réglementer la profession: en France, un diplôme est nécessaire pour coiffer les gens, par contre pour les nourrir, tout le monde peut s’installer … Foutu paradoxe où il est plus grave de nuire à l’image qu’à la santé.

Heureusement, les années 2000 connurent LA prise de conscience … A grand renfort de rubriques et autres chroniques dans les médias, puis d’une nuée de nutritionnistes sortie dont on ne sait toujours pas où (on devait les fabriquer auparavant), on s’est mis à boire de la flotte à plus soif, à manger des fruits et légumes (5 par jour, hein !) et à cuisiner de nouveau … mais pas trop quand même. En témoignent la multiplication des magazines sur le sujet, l’essor des émissions télé dédiées ou l’explosion des blogs culinaires. Ces derniers illustrent d’ailleurs magnifiquement l’ambiguïté française … tous les jours, je vois des blogs proposant une vulgarisation telle de la corvée-cuisine, qu’on en arrive à des recettes consistant à assembler 4 ou 5 boites … ha ?! … Ces mêmes blogs qui pullulent en ce moment de recettes de macarons parfaits, magnifiques; ceux nécessitant une attention et une perfection insolentes, ceux pour lesquels il faut une sonde, ceux qui décourageraient n’importe quel cuisinier amateur (pas de jalousie, je sais les faire aussi). Mais là, de deux choses l’une: soit, je suis complètement abruti, ne comprenant rien à rien; soit … je préfère me taire. Comment ne pas consacrer quotidiennement 30 ou 40 minutes à préparer un p’tit truc sympa pour toute la famille, et a contrario, se prendre la tête durant des heures, régulièrement, à confectionner des mignardises … relativement chères finalement (2 à 3 € les 150g d’amandes en poudre, sans compter la ganache). Un petit calcul sympa: 40 min x 5 jours (hors week-end) = 240 min, soit 4 heures / Réalisation des coques à macarons: 2h + Ganache (sans compter le temps de réfrigération) & dressage: 1 à 2h … soit en tout 3 à 4h … cqfd ?!! Franchement, je suis comme tout le monde, et parfois, on n’a vraiment pas envi de se coller derrière les fourneaux … pourtant, jamais je n’ouvre un plat acheté: je préfère largement une bonne assiette de pâtes avec un peu de parmesan et une salade qu’un plat industriel, indigeste et hors de prix … là, à chacun ses priorités … les miennes sont faites ….


PS: Je tiens à préciser que les généralités faites ici à l’emporte-pièce tiennent compte des particularités les confirmant ;o)

mardi 13 octobre 2009

Big Up ... de Bordeaux

Il faut avoir conscience de ce que l’on est … et l’assumer … ou sinon, c’est le cliché: de gentil vous passez à con, de kitch vous devenez un plouc, de faux modeste vous êtes catalogués comme prétentieux … Ce week-end, c’était virée bordelaise, sortie à la Ville, quoi … et quand la Dordogne débarque à Bordeaux, elle s'enthousiasme de ce qu’elle n’a pas … Ha non pas de Juppé, mais des commerces et services qui ne nous sont proposés en nos contrées si tranquilles. Je n’avais pas assez de temps pour trouver l’ensemble de ce qu’indiquait ma check-list, me cantonnant à un échantillon de chocolats Valrhona: Guanaja, Caraïbe, le Blanc … de quoi amuser quelque peu le palais et de s’amuser aussi un peu en cuisine.



Mais l’essence, l’origine de notre périple à la Capitale du Royaume d’Aquitaine se trouvait dans une invitation … à un anniversaire, d’un loupiot fêtant son Premier Anniversaire !!! Notre pote Oliv’ nous avait concocté un repas vraiment sympa: verrine sur le thème de la langoustine géante, St Jacques fraîches, Sèche avec une Chantilly de Moules, Blanquette de Veau, et desserts de chez Thierry Lalet … un régal global, et un grand bravo à lui pour ce repas ;o)


Une Barre Chocolatée, genre Twix ou Raiders (pour ceux qui ont de la mémoire)


un Entremet, aux Fruits Rouges


une Tarte au Citron Déstructurée


une Religieuse à la Pistache


Je dois vous dire encore une chose … la veille, je tentais une énième fois la réalisation de macarons … ceux de Pierre Hermé, qui toute masturbation pseudo intellectuelle mise à part, sont pour moi le concept ultime de ce que peut devenir une simple mignardise de grand-mère. Bien entendu, de pâles copies saisirent la balle à bond et s’engouffrèrent dans la frénésie macaronnesque, arrivant même à se frayer une place sur le marché. Bien entendu des détracteurs tendance Bobos (bavant sur ce qu’ils ont auparavant vénéré) ou Réac-Conservateurs (ceux de leur mère étaient trop mieux dans leur bouche d’enfant d‘avant) se défoulèrent sur quelque chose qu’ils leur suffisaient simplement d’ignorer. Bin moi, j’ai enfin réussi à obtenir la texture et le visuel voulu … Ces macarons ne supportent pas un écart de recette, la rigueur est de mise: ce qui contribue à la Beauté des choses, c’est la difficulté à les reproduire. La rareté, l’exception font partie intégrante de la notion du Beau, donc de la recherche du Bonheur (ce n’est pas de moi hein ;o)





Krok ;o)

mardi 22 septembre 2009

Un plat de transition pour cette mi-saison ...

Après les déceptions, le beau temps … Déceptions, parce qu’après m’être arrêté sur les recettes de 2 blogs ayant pignon sur rue (avec minimum 70 commentaires élogieux par recette) et se faisant régulièrement remarquer aux différents concours, des erreurs ou des incohérences truffaient ces si beaux plats et autres desserts mis en scène magnifiquement … En effet, alors que j’épluchais la description d’une écume réalisée à partir de 20cl d’une préparation très liquide (bouillon+crème fleurette à volume égal), je vis que l’auteur avait recours à la Lécithine de Soja (pourquoi pas) … mais à hauteur de 2 CàC pour les 20 petits centilitres !!!!! A mon avis, c’est énorme, ce n’est pas 10 fois trop, mais 30 fois trop !! La lécithine n’est pas neutre en goût et peut vous pourrir un plat en peu de temps, le dotant tout simplement d’une espèce de goût caractéristique de l’industrie agro-alimentaire bas de gamme … Certes, l’intitulé du plat en jetait, certes les photos étaient superbes … mais je doute sincèrement, et sans aucune rancœur, de ses saveurs véritables tel quel.
Je continuais ma marche virtuelle au sein du quartier des cuisiniers amateurs dans l’espoir d’y trouver un dessert sympa, de préférence ludique à mon égard, et surtout proposant des Mirabelles. Chose aisée … assez simple et rapide, la recette me permettait en outre de travailler et découvrir un produit inconnu à mon bataillon, la crème de Spéculoos (une mode visiblement du moment …). Re-déception: de mauvaises proportions en sucre (à mon goût), et surtout un travail inutile autour de cette fameuse crème (toujours à mon goût) altérant son seul attrait (le goût « spéculoos » justement …). Pourtant, ça promettait …
Ceci oublié, je me suis mis à regarder d’un œil les finales d’un Dîner Presque Parfait … la semaine dernière, la bataille était sincère: Dali face à Nietzsche, l’esbroufe face à la rigueur, le rêve face à la maîtrise. Entre parenthèses, il aura tout de même fallu les remarques des frères Pourcel concernant sa glace à la Roquette en dessert pour que « Maître Dali » n’admette (et encore, je me demande s’il n’est pas encore persuadé à ce jour de sa connerie) un début de remise en question. Mais dans l’ensemble, l’épisode se hissait au niveau auquel je m’attendais. Mais hier … alors hier … le désastre … à se demander si nous n’étions pas chez Patrick Sébastien … le Carnaval, le Cirque, l’apéro suspendu au plafond … ne manquaient que les plumes dans le cul et nous y étions au Cabaret … sans dec’, à se demander ce qui était le but ultime du concours: la cuisine ou l’organisation d’une soirée à Neuneux ?!!! A c’était joli, mais à des miles du niveau gastronomique de la semaine précédente …
… enfin, tout ça pour dire, qu’hier se concluait sur une réflexion on ne peut plus subjective, mais qui résume parfaitement ma crainte et ma philosophie en matière de « bouche »: le Bon n’a aucune obligation de Beau, tandis que celui-ci se doit d’être Bon. Malheureusement, la cuisine étant un reflet de ceux qui la pratiquent, je vois qu’elle tend à l’esbroufe, au « m’as-tu vu », voire parfois au mauvais goût.
Et puis aujourd’hui … le soleil est de retour, nous laissant ainsi un peu de répit dans la transition vers l’Automne. N’est-ce pas là une bonne occasion de proposer une recette mêlant légumes d’été et saveurs automnales ? Je dis que … si ,o). Voici donc mon Veau saveurs Foie Gras, Méli-Mélo Courgettes/Carottes et Pommes Dauphines, Crème légère Boucanière. Ha, rien d’original, uniquement du classique mais réactualisé. Le veau, enrobé de foie gras, cuit à basse température; les pommes de terre légèrement épicées sont dressées à la poche à douilles; les petits légumes sont encore juste croquants, tandis que la sauce boucanière est crémée et siphonnée. Je ne donnerais pas la recette précise (elle est assez fastidieuse) mais uniquement des indications permettant de la reproduire dans les gros traits.



1/ pour le Veau: après avoir coloré un morceau destiné à la Blanquette, l’enduire de foie gras cuit, envelopper de film alimentaire et cuire à 60/70°C au four pour atteindre à cœur 65°C.

2/ pour le Méli-Mélo: détailler Carottes et Courgettes en petits mirepoix, faire revenir les premières dans un filet d’huile d’olive à feux doux à couvert, une fois al-dente, mettre les secondes, couvrir et éteindre le feu. Ajouter 1 CàS de vinaigre Balsamique réduit.



3/ pour les Pommes Dauphines: compter 150g de rattes/ pers. réduites en purée, additionnées de 25g de Beurre et 1 jaune d’œuf. Préparer une pâte à chou avec 5 cl de lait, 35g de Beurre, 30g de Farine tamisée, 1 œuf et une pincée d’épices Tex-Mex. Incorporer l’appareil précédent cette pâte, et cuire les pommes réalisées à l’huile bien chaude.

4/ pour la Crème Boucanière: dans une casserole, faire suer 1min une échalote ciselée, ajouter 10g de Gingembre haché, laisser colorer légèrement. Ajouter ensuite 1 Banane détaillées en rondelles et compoter avant d’y glisser 1 CàS de vinaigre de Framboise. Mouiller avec 10cl de Fond de Veau et 10cl de crème fleurette, cuire à petit feu durant 20 min. Mixer, chinoiser, siphonner.


Taste Report: qui remettrait en cause l'association Veau/Sauce Boucanière ? Pas grand-monde, surtout lorsqu'elle était à la carte de célèbres étoilés il y a quelques poignées d'années. Les pommes dauphines sont toujours un retour en enfance ... alors, si les cuissons sont respectées, ce n'est que du bonheur.

PS: merci pour les commentaires ... n'hésitez pas: d'accords ou non, sceptiques ou enthousiastes, rêveurs ou l'ayant concrétisé, commentez les billets ...

jeudi 3 septembre 2009

Marche ou Crève ...

… Marchés ou Crevez … Déjà sur Paris, le marché était mon principal fournisseur alimentaire (la chance aussi d‘habiter à deux pas de la Rue d‘Alligre)… Installé en Dordogne, il est devenu limite un Principe … Comme pour beaucoup de choses, « Faire son Marché » nécessite un apprentissage, une certaine pratique, et beaucoup de déceptions, voire d’arnaques. Parmi celles-ci, les œufs vendus par des mamies, avec le code 3 … celui des élevages en batteries … au prix de la douzaine de la ferme !!! Ou, le canard frais en plein été …. Après, il faut « éliminer » les revendeurs, sauf pour certains produits spécifiques. Perso, je me cantonne aux producteurs locaux, et je peux faire autant de stands que de fruits ou légumes achetés. Bien entendu, ça sous-entend cuisiner les produits de saison, mais n’est-ce pas ça la Cuisine ?





Une partie du Marché de Périgueux ces derniers jours














... les produits automne/hiver ....













Mais, ça coûte cher le marché non ? Bah, idée reçue de feignasse préférant faire ses courses au même endroit … au moins, il y a des plats préparés dégueulasses là-bas… si l’on se cantonne au local et au saisonnier, la comparaison avec la grande distribution ne peut être admise. Comment comparer une salade « dentelle » à une salade verte, croquante, sucrée et gouteuse ? Rien à voir entre la Marmande hors sol et la Tomate difforme garantie sans pesticide …. Du coup, le Bio: on s’en fout, puisque la Mamie qui vous vend ses Rattes ne connait pas le N, le P ou K, ni même Monsento. Du coup, pas de lassitude: les goûts, les odeurs, les couleurs changent au fil des mois …. Du coup, pas de taxe carbone: on n’importe pas de produits … ha non, ça on se la tape quand même.



... du côté de Quiberon, à la poissonnerie "la Criée" face au port ... comment ne pas faire aimer le poisson aux enfants ? ...
















Après, il y a marché et marché … genre, ya resto et resto … vous voyez … A Paris, ce que je déplorais principalement, c’était la petite différence de qualité que l’on pouvait constater avec le Monop’ du coin. Seule la fraîcheur différait légèrement … Au marché d’Alligre par exemple (dans le XIIè), la plupart des fruits et légumes vient directement de Rungis, on ne passe pas par la case « centrale ». En revanche, la Fraise d’Espagne est reine avec la Pastèque du Maroc, et le Mardi, ça commençait réellement à défraîchir. Mais le pire, ce qui nuit le plus à la réputation des marchés, ce que l’on devrait légiférer voire interdire, ce sont les Marchés Provençaux … j’ai du en faire plus d’une vingtaine dans le Vaucluse, bouffer des kilomètres pour m’y rendre, écouter tous les conseils, et ce à toutes les saisons, rien à y faire: ce sont de vrais pièges à cons, une véritable exposition de ce qui flinguera l’authenticité artisanale française. Pas un producteur, des tarifs exorbitants, des produits de provenance diverses et variées (surtout variées), pas un autochtone dans les allées. Seul celui de Carpentras m’a vraiment emballé: on sent la Méditerranée toute proche, les produits fleurent bon le Maghreb, le marché s’étend dans le centre typique de la ville … franchement, j’ai été dépaysé.




.... rien de comparable hein, et le tout pour une vingtaine d'euros ...











… Marchés ou Crevez … notre Monde actuel offre suffisamment de sources d’empoisonnement au quotidien pour ne pas parachever le processus dramatique avec l’acte conscient de mal se nourrir. J’en ai ras le bol des légumes où même la souche est pourrie (genre tomate de Marmande), des fruits sans saveurs ni vertu, de la vache laitière de plus de 10 ans en steak ou du bio élevé aux engrais … Sans tomber dans un extrémisme intolérant (joli pléonasme), je pense qu’il va falloir réhabiliter la Bouche et ce qui gravite autour. En 30 ans, l’industrie nous a fait croire que la cuisine était l’incarnation de la pièce avilissante, pleine de corvées dévouées exclusivement à Madame, où il fallait passer un minimum de temps au risque de perdre une miette du dernier programme télé à la con dont tout le monde parle le lendemain au boulot …

lundi 3 août 2009

Une Pub ....

.... à la con, et/ou qui nous prend pour des cons ?!!! Ces derniers temps, Bordeau-Chesnel nous a ressorti sa pub concernant ses rillettes de poulet rôti .... huuummmm, ça donne de suite envie (je dis ça, mais je n'en ai jamais mangé .... là se situe sûrement la cause, d'ailleurs, de cette ignorance gustative). Donc, pour ceux qui auraient hiberné en ce début d'été (et qui sont totalement décalés du coup) ou eu la bonne idée de jeter leur télé durant les vacances, je plante le décors: une belle bourgeoise hautaine et dédaigneuse se pointe chez le Cartier de la broche à rôtir. Là déjà, on voit le rapport, mais pas le cheminement: pourquoi se rendre dans ce genre de boutique avec un pot de rillettes et non un poulet à rôtir ?!!!! Enfin, passons. La pub se déroule, avec le sempiternel slogan, et à la voix off de préciser: poulet rôti à la cocotte !!!! Non mais là, c'est la meilleure !!!! L'autre bêcheuse nous pèle la vie pendant 30 secondes avec ses broches alors que ses rillettes sont faites avec du poulet cuit en cocotte et qu'elle n'en a absolument aucune utilité !!!!! Nous n'avons définitivement pas les mêmes valeurs ....




Bon, vous l'aurez compris, ici on parle de tout ce qui se rapporte de près ou de loin à la bouffe ... quitte à frôler le sophisme parfois .... mais parfois seulement, parce que le sophisme, c'est mal