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dimanche 14 avril 2013

"Fait Maison" ... Label affaire ...

Va-t-on en sortir ? Peut-on seulement en sortir ? ... Il faudrait aussi se poser ces questions. La semaine dernière, tambours médiatiques battant, le Collège Culinaire de France "répondait" à une attente du public et d'une partie de la profession en matière de transparence par la sortie de son label "Fait Maison" ... "Haa, belle initiative", diront certains ... oui, mais ...



Mon petit esprit bien tordu se méfie dès la première seconde: "ne sont-ce pas ces mêmes chefs qui venaient, il y a encore quelques mois, prêcher un hérétique effet escompté d'une baisse de TVA, confondant taxe sur le prix de vente et coûts de production ?" ... Pourquoi la parole portée aujourd'hui serait-elle meilleure que celle d'hier ? ...

Ensuite, ce même esprit perfide poursuit sa réflexion, et se pose maintenant la question du "pourquoi maintenant, pourquoi après 30 ans de mal bouffe ?". Mieux vaut tard que jamais, certes. Mais ne serait-ce pas pour se racheter une conscience auprès de l'opinion publique ? Difficile d'entretenir une schizophrénie ? Certainement pas évidant de jongler, je vous l'accorde, entre les obligations contractuelles de l'industrie agro alimentaire et la défense du vrai produit. 

Dans sa lancée, le petit cerveau se permet même de faire un rapide parallèle avec la récente initiative de professionnels et leur label "Maître Restaurateur" ... moins médiatique, mais certainement plus contraignant et pertinent: plus d'une trentaine de critères, contre 5 pour le "Fait Maison". 

Et puis, le "fait maison" commence où pour s'arrêter où ? Dois-je faire ma fécule ou puis-je l'acheter ? Une pâte de fruit réalisée à partir d'un coulis acheté est-elle à mettre au même niveau qu'une mignardise industrielle ? Quid d'une cuisine maison réalisée à partir de mauvais produits: saumon de Norvège, tomates ou fraises d'Espagne, poulets de batteries, champignons d'Europe de l'Est, ... ?

De récents sondages montrent que 25 à 30% de la clientèle se fout éperdument de ce genre de labels ... et nous pouvons aisément penser qu'une partie des 70/75% restants ne s'assume pas réellement, et continuera à se fier aux cartes pléthoriques ou tout simplement aux menus "low cost". En parallèle, les différents lobbies (chaines de restauration, haute gastronomie, industriels, ...) feront tout pour ne rien changer ...

Finalement, je me demande si la sommes d'initiatives individuelles ne donnerait pas meilleurs résultats: si tous les professionnels consciencieux affichent une totale transparence sur leur carte, si la clientèle garde à l'esprit que la qualité a un coût, tout comme l'heure de mijotage ou la taille des légumes, un phénomène macro-sociologique se mettra alors en place, naturellement.

2 commentaires:

  1. ceci dit comme la plupart des gens ne font pas la différence (pour manger eux mêmes trop de produits industriels) entre le tout fait, réchauffé, et le fait maison... Et franchement je trouve abhérant qu'un restaurateur qui fait bien son travail, qu'un chef qui cuisine VRAIMENT ait à payer pour le certifier. QUant à savoir où commence le fait maison, quand tu es seul ou en équipe réduite à préparer 40 à 50 couverts par jour, je ne vois pas comment tu pourrais en plus trouver le temps de faire ton feuilletage maison par exemple ou tes mignardises. Sans parler des glaces qui nécessitent un droit spécifique pour les faire soi même... Bref, juste de la fumée, mais pas de feu.

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    1. En fait, je pense que sur le coup, le changement n'est ni pour maintenant, ni pour demain ... attendons et observons ;o)

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